" Les larmes s'égouttaient une à une, réchauffant tendrement ses promettes rougies par le vent glacial de l'hiver.
Une douce nostalgie la parcourait , et faisait rejaillir tous ces merveilleux moments passés à deux. Lui. Il la complétait si bien. Un accord parfait. Il avait toujours un regard rassurant et protecteur. Il savait quoi dire, quoi faire pour qu'en un instant elle aille mieux. Depuis qu'il la connaissait, il avait toujours ½uvré à sa, lui rendre la vie plus facile. Il ne profitaient jamais d'elle, du fait qu'il connaissait tout de ses plus lourds secrets. Il la respectait trop pour ça.
Lou repensait maintenant à tous ces instants inoubliable qui avaient marqués sa vie. Tout ces instants à l'exception de quelques uns elle les avait passés avec lui. Cette dernière soirée aussi superbe avait -elle été, ces derniers mots sincères, derniers gestes tendres, ces souvenirs rappelés un a un. Derniers moments, intense journée, sublime soirée. Jamais assez elle n'en aura profité. Une nuit de rire, de complicité. Une amitié solide, indestructible, sincère, " donnant-donnant ". Un trop plein d'amitié, débordant parfois dans l'amour. Jamais ils n'avaient osé se le dire, sachant pourtant par c½ur ce que l'autre éprouvait.
Au petit matin, Lou avait quitté Matthieu. Lui, ses bras. Ils s'étaient dit adieu. Pas comme dans les film, sur le quai d'une gare. A leur manière à eux. Un adieu sanglotant pour elle, les yeux flous pour lui, pénible pour les deux. Il n'avait pas flanché, pas devant elle, devant celle qu'il protégeait, celle qui comptait le plus à ses yeux. Non, il avait attendu qu'elle ai fermé la porte.
Leur histoire était bien de trop longue à raconter. Pourquoi tant de tristesse les avaient soudain envahit? Après tout, seulement 1800 kilomètres les sépareraient dès le soir. Mais justement, rien ne serait plus pareil..."
extrait d'une nouvelle.
La suite de leur histoire
Loin, Loin d'elle il ne serait plus grand chose. Depuis tout ce temps ils vivaient inconsciemment, naïfs peut être mais l'un pour l'autre. Elle emportait trop de lui..Trop d'un coups et surtout trop loin. Cette séparation mettait un terme momentané à tous leur projets fous. Ensemble, toujours, et puis un peu moins quand ils auraient construits leurs vies, mais jamais , jamais loin. Juste de quoi ne pas faire souffrir leur enfants, qu'ils auraient nombreux, chacun de leur coté. Un amour immense, partagé. Parce que oui, un jour leur bonheur passerait par celui de ceux qu'ils aimeront, une question de bon sens. Le bonheur d'un enfant passe avant son propre bonheur. C'était leur vision des choses. Un ordre établit, soudain bouleversé par ce départ. Mais leurs rêves et leur souvenirs resteront eux. Ces rêves, ces fantasmes aussi dérisoires paraissent-ils , sonnent vrais dans leur têtes, c'est sa qui compte. Des discussions à n'en plus finir, rien que des mots, des illusions vagues et floues.
Un jour pourrait-il l'oublier ? Elle en avait douté, Lou doutait beaucoup que son départ n'efface tout. Elle y pensait les soirs de pluies, quand elle se sentait seule, qu'elle changeait le monde de son lit, quand la pluie venait goutte à goutte se déposer délicatement sur son velux. Elle s'était dit que dans leurs vies, jamais ils ne pourraient avoir une relation si forte, si spéciale avec un autre, ni même une autre. C'était ce que l'on appelle une impossibilité.
Lou marchait , encore, et arrivait maintenant près de chez elle. " chez elle" , plus pour très longtemps, quelques heures seulement. Maintenant le froid parcourait tout son corps. Elle subissait les petits courant d'air qui la faisaient frissonner par moment.Mat' lui avait pourtant dit de se couvrir !
Cet hiver avait été particulièrement froid, mais aujourd'hui ile ne vaincrait pas celui qui avait envahi sa tête.
Vide, vide.
Mais pourquoi partait-elle sans en avoir envie ?
Et bien à défaut de suivre ses " rêves d'ado" elle était forcée de suivre ses parents. Mat' avait pourtant essayer de les convaincre pour qu'elle reste, 5 mois avant le bac. Mais non , têtus et bornés, ils avaient décidé pour elle. Aussi égoïstes qu'ils étaient elle les aimaient. Très fort même . Se rendaient-ils seulement compte du sacrifice que partir lui demandait ?
Il n'y avait pas que mat' dans sa vie , il y avait les autres, ces gens importants aussi. Une amitié dérisoire en comparé à Mat' mais qui comptait quand même. Et puis les lieux, les odeurs, tout cela se perd dans l'espace, tout cela ne peut pas être capturé, les odeurs s'évaporent, les images s'effacent..
Dans quelques heures , Lou allait commencer une nouvelle vie, dans un ailleurs Vide. Tout recommencer, certains en rêves, mais devant le mur, combien reculeraient ?
...
Lou claqua une dernière fois la porte.
et les mois passent, défilent à une allure telle qu'on en perd la notion des jours.
Mathieu vivait loin d'elle depuis 8 mois maintenant.
Des lettres, postées toutes les semaines, des lettres reçues tous les samedis.
Des milliers de petits mots, un besoin, de tout se dire, même à distance.
Parfois court " je t'aime & tu me manques mon mat' " avec une photo, parfois plus long, des états d'âme étalés en long et en large ou alors de belles rencontres racontées avec réalisme.
Mat' répondait toujours dès qu'il recevait ces précieuses enveloppes. A vrai dire, il les attendait, il arrivait même parfois qu'il guette le facteur.
Alors avec un grand sourire, le facteur lui tendait l'enveloppe et lui disait " à la semaine prochaine ".
Bientôt, bientôt ils se retrouveraient enfin. Vendredi.
Les jours étaient comptés, il en restait trois. Trois jours, 72h00, 430 heures. C'était à la fois énorme mais tellement court. Rien que d'y penser il avait déjà le sourire aux lèvres.
Il avait compté les jours sur son agenda aussi. Enfin c'est Lou qui l'avait fait avant de partir, elle en avait écrit 365 au cas ou. La promesse d'une année au maximum loin l'un de l'autre. D'ailleurs ce souvenir faisait beaucoup rire Mathieu car Lou avait attrapé une crampe. Il s'était moqué d'elle puis très vite fait pardonner.
Vendredi approchait. C'était maintenant Jeudi qui démarrait. Mat' ne se concentrait même plus en cours. Il ne pensait qu'à sa, et puis à leur 'programme'. Ils avaient tant à faire. Il la reverrait demain. Il trimballait sa tête vide depuis des mois, déprimé. Lou l'avait rendu dépendant, en vérité il ne pouvait plus tenir sans elle. Parait-il qu'elle avait rencontré un Italien. Il en saurait sûrement plus bientôt. Demain en faite.
Mat' préparait le dîners. Il mourrait de faim, il reprenait l'appétit en ce moment. Il s'activait en cuisine, sa mère rentrerait bientôt et il voulait lui faire la surprise. La pauvre, elle en avait bavé. Pendant ces 8 mois il n'avait pas été tendre. Son état ne la rassurait pas. Il se traînait de couloir en couloir, à la fac, comme un pantin. Pourtant il rêvait de devenir un grand chirurgien. Il n'avait plus goût à rien. N'allait plus au basket. A quoi bon ? le samedi Lou ne serait plus là pour l'encourager. Plus la force pour rien. Sa mère criait de temps en temps. " Mais Mat' , arrête avec Lou! elle est parti. Elle vit très bien sans toi, fais pareil. Tu en connaîtras d'autres des peines de c½ur ! " C'est justement ce qui inquiétait mat'. Lou n'était pas une peine de c½ur. C'était un souvenir de son passé, de son présent et de son futur. Incomparable à une histoire d'amour. C'était peut être plus que sa !
Mat' dressait la table. deux couverts. des bougies. On sonna. Il dit à sa mère d'entrer, c'était ouvert mais personne ne réagit. Alors il se dirigea vers la porte, leur vieille voisine devait avoir perdu ses lunettes.
Mat' ouvrit.
D'un coups, les larmes lui montèrent aux yeux. Elle se tenait là, devant lui, belle, sanglotante. Il sourit. elle s'écroula en larme dans ses bras. Mat' profitait de cet instant. Ils se regardèrent longtemps dans les yeux. Pour la première fois, mat' pleura. Devant elle. Pas trop non plus. Elle sécha ses larme et les siennes par la même occasion. Ils rentrèrent. Et puis ils s'assirent. Mat' ne parla pas. Il laissa lou s'expliquer.
Elle ne pouvait plus attendre, elle avait trop attendu. Elle ne repartirait plus.
Alors elle lui expliqua qu'elle avait eu son bac en Italie et puis qu'elle avait décidé de revenir en France. Là bas sa vie ne rimait à rien. Malgré les amis qu'elle s'était fait , il comptait plus que tout, il manquait à sa vie. Mat' lui dit qu'elle lui avait manqué aussi. Son absence était insupportable.
La soirée passa. La mère de mat' était aussi surprise que heureuse de revoir Lou. Ils avaient longuement parlé de l'Italie, puis Lou et mat' s'étaient éclipsés.
Ils avaient rejoint le parc où ils allaient par le passé. Lou regardait partout, imprimait les images qui s'étaient effacées. Elle avait un peu honte et se sentait aveugle en Italie. Petit à petit les détails avaient disparu de sa tête comme elle l'avait prédit.
Puis soudain, Lou courra vers un arbre, un peuplier. Elle fit le tour de celui-ci puis se mit à creuser. Un petit trou qui s'élargit au bout de quelques instants. Mat' se demandait sérieusement ce qu'elle fabriquait mais compris très vite quand elle sortit de la terre une petite boite terreuse qui y était enfouit. Elle lui expliqua que quelques jours avant de partir elle avait fait un v½u. Elle voulait le lui faire partager, comme tout. Alors ensemble, ils ouvrirent l'écrin. A l'intérieur, se tenait toujours le morceau de papier. Mat' le déplia et lu pour lui le message. Il le replia puis la pris dans ses bras. Lou compris en regardant droit dans les yeux que son v½u allait être exaucé, et le serait maintenant qu'ils l'avaient tout les deux compris. La souffrance des huit mois d'absence s'envola doucement. Ils se sentaient en sécurité maintenant. La ville dormait. Ils seraient tranquilles, jusqu'à l'aube.
[ fin ]